Il y a des interviews où les réponses s’enchaînent. Et puis il y a celles où, entre les mots… on ressent autre chose.
Face à nous, Kevin ne cherche pas à jouer un rôle. Il parle calmement, sans forcer. Mais à plusieurs moments, ses silences en disent presque plus que ses phrases.
Parce que derrière cette image de candidat beau gosse et sûr de lui, il y a surtout quelqu’un qui a vécu l’aventure avec intensité… et parfois avec des blessures qu’on ne voit pas à l’écran
Un parcours discret… devenu exposé
Ma première question est simple : qui es-tu vraiment ? Comment s’est passée ton enfance au Cameroun ?
Moi, c’est Kevin. Je suis né le 10 décembre 1997 à Yaoundé. J’ai grandi dans une famille unie au départ, avec mes deux parents jusqu’à mes 10 ans. Après, ma mère est partie s’installer à l’étranger, en Allemagne. Depuis ce moment-là, j’ai continué ma vie avec mon père, jusqu’à aujourd’hui.
En grandissant, tu étais quel type d’enfant? Sage, rebelle, aventurier ?
Enfant, j’étais très calme, un vrai enfant de maison. Mais à l’adolescence, j’ai été un peu rebelle… même si moi je voyais ça comme une envie de liberté.
À l’école, j’étais assez turbulent, j’ai été souvent exclu. Pourtant, à la base, j’étais très timide. Je pense que je faisais ça pour m’affirmer.

D’où venait cette timidité ?
Je bégayais beaucoup à l’adolescence, ça me gênait énormément. Avec le temps, j’ai appris à parler plus doucement. Et puis, je ne me trouvais pas très beau quand j’étais enfant, donc je faisais profil bas.
Aujourd’hui, je sais qu’on peut dire beaucoup de choses sur moi… mais je sais que je ne suis pas quelqu’un de laid.
Est-ce que tu es toujours la même personne depuis ton passage à la télé? Toujours la même vibe?
Oui, sincèrement, je suis resté le même. Les gens qui me connaissent dans la vraie vie peuvent en témoigner : je suis quelqu’un de très simple, je prends la vie comme elle vient.
Je me souviens, il y a environ une semaine, j’étais sorti faire des courses avec une amie. On était en voiture, j’ai bâillé sans mettre la main devant la bouche… et une dame m’a fait la remarque. C’est là que j’ai réalisé que certaines personnes me reconnaissaient.
il y’a beaucoup des petites anecdotes dans ce sens qui me pousse à dire que : je ne réalisais pas vraiment l’impact que la télé avait eu.
Franchement, pour ma part, je ne prends pas tout ça au sérieux. Donc pour répondre à ta question: oui, je suis resté exactement le même. Ça n’a rien changé à ma façon d’être ni à la personne que je suis.
Regard des autres & évolution
Entre ton enfance et la personne que tu es aujourd’hui, qu’est-ce qui a le plus changé ?
Je pense que ce qui a le plus changé, c’est le regard des autres sur moi.
Je me souviens qu’au collège, j’avais un crush sur une fille… la plus belle du collège. Et moi, j’étais un peu le petit garçon discret, pas forcément remarqué. Du coup, pour attirer son attention, je passais mon temps à la taquiner. Mais elle, ça l’énervait plus qu’autre chose, parce qu’elle ne me voyait pas du tout comme moi je la voyais.
Avec le temps, on s’est perdus de vue. Et quand on s’est retrouvés 7 ou 8 ans plus tard, la situation avait complètement changé : cette fois, c’est elle qui avait un crush sur moi.
Et là, je me suis rendu compte à quel point le regard des gens peut évoluer… souvent à cause de l’apparence, de l’image ou de l’exposition.
Aujourd’hui, avec la télé, les réseaux, tout ça a changé. Mais parfois, ça me rend un peu triste, parce que je n’ai pas envie qu’on m’apprécie pour ce que je représente extérieurement. J’aimerais qu’on m’apprécie pour qui je suis vraiment.
Rêves & vision
Quand tu étais plus jeune, tu rêvais de faire quoi ?
Honnêtement, je savais juste une chose : je ne voulais pas d’une vie où je dois me réveiller à 7h tous les matins (rires).
Mais j’ai toujours été attiré par le cinéma, par l’image, par la télé. Depuis petit, je rêvais de passer à la télé. Pas forcément pour être une star, mais juste pour me voir à l’écran, faire partie de cet univers.
Donc ce n’était pas forcément la célébrité, mais plutôt la présence à l’écran ?
Exactement. Juste être là, exister à l’écran. C’était ça mon rêve.
Engagement & influence
Aujourd’hui, est-ce que tu veux influencer les gens ou simplement un mec chill qui profite de sa vie ?
J’ai envie de donner du sens à ce que je fais. J’ai commencé à créer du contenu plus engagé, notamment sur des sujets sociaux.
Par exemple, j’ai récemment parlé des féminicides. Et c’est ce genre de contenu que je veux continuer.
Pour moi, si je dois faire de l’influence, ça doit être une influence utile. Une influence qui apporte quelque chose, qui fait avancer les choses.
Je trouve qu’en Afrique, certaines causes — comme celle des femmes — sont encore mal représentées. Et s’il y a une chose que je peux faire, à mon niveau, c’est utiliser ma voix pour ça.
Je ne suis pas intéressé par une influence superficielle. Je veux faire quelque chose qui a un impact, qui reste dans le temps, qui peut même, pourquoi pas, faire évoluer les mentalités ou les lois.
Et toi, qui t’a le plus influencé dans ta vie ?
Mes parents, sans hésitation. L’année passée, j’ai perdu mon restaurant spécialisé dans la seafood— BastTop, à Bastos. Ce sont eux qui m’ont aidé à me relever. Si tu ne m’aides pas à progresser, tu n’as pas vraiment d’influence sur moi.
Entrepreneuriat
Est-ce que c’est facile d’entreprendre au Cameroun ?
Non, ce n’est pas facile du tout. Déjà, il n’y a quasiment pas d’accès au crédit bancaire quand tu pars de zéro. Si tu n’as pas de garanties solides, personne ne te finance.
Donc tout repose sur toi : trouver les fonds, lancer, gérer… c’est très difficile.
Et en parlant des difficultés dans ton parcours entrepreneurial, il y’a aussi la perte de ton restaurant?
Honnêtement, oui… il y a eu une période très compliquée. J’ai perdu mon restaurant physique et aujourd’hui encore, je ne peux pas entrer dans tous les détails, parce que ça ne concerne pas que moi.
Je suis associé à mon frère et mon meilleur ami Pearl de la deuxième saison de Qui veut épouser mon fils.
J’ai débranché la joie (Rires) et on essaie de se relever. On a un restaurant en ligne pour le moment, le temps de se refaire une santé financière. L’objectif, c’est de revenir plus fort, avec une meilleure vision.
Ton conseil pour réussir en business ?
Honnêtement, je ne suis peut-être pas la personne la mieux placée pour donner des conseils, surtout avec ce qui m’est arrivé. Mais j’ai appris d’une grande sœur, qui a ouvert un restaurant qui marche très bien, qu’il est important de soutenir les autres, sincèrement, avec le cœur.

Qu’est-ce qui te motive à te lever chaque matin ?
Au de la de l’argent, mon père. Il a énormément investi dans notre éducation, toujours dans des écoles privées, malgré ceux qui disaient que ce n’était pas nécessaire.
Cet investissement ne peut pas partir à l’eau. Je me dois de réussir.
Est-ce que la télé-réalité a eu un impact sur ton restaurant ?
Oui, clairement. Le lancement a beaucoup buzzé, les gens venaient parce que c’était “le restaurant de Kevin”.
Mais il y a eu aussi du négatif : certains mangeaient bien, puis postaient des critiques sur TikTok juste pour faire des vues. Au début, ça m’atteignait, mais j’ai fini par ne plus y prêter attention.
Si on te donne 1 million de dollars, tu fais quoi ?
Je relance mon restaurant, exactement comme je l’imagine. Ce qu’on avait, c’était encore provisoire. Moi, je veux un vrai restaurant seafood, bien décoré, bien pensé. Et le reste viendra… je suis encore jeune.
L’émission
Qu’est-ce qui t’a motivé à participer à Qui veut épouser mon fils ? L’amour, la notoriété… ou un peu des deux ?
Honnêtement, c’était un peu des deux.
À ce moment-là, j’étais dans une phase où je commençais à m’établir. Je lançais mon restaurant, financièrement ça allait plutôt bien… donc pour moi, c’était le bon moment pour construire quelque chose de sérieux sur le plan sentimental.
Et en même temps, j’ai toujours rêvé de passer à la télé depuis que je suis petit. Cette opportunité cochait les deux cases.
Convaincre Maman Berthe, c’était difficile ?
Très difficile. Elle vit en Allemagne, dans une zone non francophone, donc elle ne connaît pas vraiment ce type de programmes. Pour elle, ça paraissait flou, pas forcément sérieux.
J’ai vraiment dû insister pour qu’elle accepte, surtout pour sa première intervention avec l’équipe.

Kevin & Maman Berthe
Est-ce qu’elle valide toujours tes choix dans la vie ?
Elle ne décide pas à ma place, mais elle donne toujours son avis. Elle peut me dire ce qu’elle ressent, comment elle voit les choses… et ensuite, elle me laisse faire mes choix. C’est ça, le rôle d’un parent.
Tu avais une stratégie dans l’émission pour maintenir le suspens?
Ma seule vraie stratégie, c’était le départ de Fatou. À ce moment-là, j’ai agi comme un enfant. J’ai laissé l’audience prendre le dessus sur mes sentiments. Parce que la vérité, c’est que j’étais déjà attiré par elle. Ça se voyait.
Mais je l’ai éliminée parce qu’elle ne se donnait plus dans le jeu, elle devenait passive. Et dans une production comme ça, on ne peut pas laisser l’énergie retomber.
Diodia, Gracia & choix final
On a vu un moment tendu avec Diodia, notamment lors du date au spa. Est-ce que tu t’es senti incompris à ce moment-là ?
Aujourd’hui, oui, je comprends mieux certaines choses. Mais sur le moment, ce que je lui reprochais, c’est qu’elle n’était pas cohérente. Ce qu’elle me disait hors caméra, elle ne l’assumait pas devant les caméras. Et ça, ça me mettait dans une position très inconfortable, parce que je ne comprenais pas son comportement.
Plus tard, elle m’a expliqué qu’elle s’était fixée des limites à la télé, ce que je peux respecter. Mais pour moi, elle aurait dû me le dire dès le début.
Et en plus, j’ai appris qu’elle disait à d’autres personnes qu’elle n’était pas intéressée par moi… donc forcément, ça m’a blessé. Pour moi, ce n’était pas loyal. Moi, quand j’ai des sentiments, je les assume, devant tout le monde.
Parlons de Gracia. Son côté très pieux t’a-t-il influencé ?
Non, pas du tout. D’ailleurs, si ça m’avait dérangé, elle ne serait pas arrivée jusqu’en finale. On a eu des discussions profondes, on a appris à se connaître. Ce n’était pas un frein.
Pourquoi avoir choisi Diodia à la fin ?
Honnêtement… je n’ai pas vraiment de réponse. Même aujourd’hui, je ne sais pas expliquer ce choix.

Et avez été en couple pendant combien de temps?
Juste le lendemain de la finale, je suis rentré voir Fatou… En faite, je suis allé chez ma sœur à Dakar. Et je me suis dit : je prends mon courage et je lui écris… et j’apprends qu’elle habite juste derrière chez ma sœur. Donc on s’est vus.
Et si c’était à refaire ?
Avec du recul, j’aurais choisi Gracia. Je pense qu’à un moment, je l’ai vue comme une petite sœur… comme quelqu’un de proche, mais pas forcément dans une dimension amoureuse.
Fatou est une femme rare
Après avoir vu Fatou le premier soir, qu’est-ce que tu t’es dit ?
Honnêtement, pour moi, l’aventure pouvait déjà s’arrêter là. Dès que je l’ai vue, j’étais déjà attiré.
Est-ce que ta mère aurait fait le même choix que toi, notamment concernant Fatou ?
Aujourd’hui, oui. Elle apprécie beaucoup Fatou et l’appelle même Akisi Delta, pour son temperament.
L’éliminer, c’était dur émotionnellement ?
Ça a été difficile. Je n’ai pas pleuré, mais j’avais les larmes. Je n’ai même pas eu le courage de lui dire au revoir. Je me suis caché.
Certains disent que tu as joué avec les sentiments des filles, notamment en quittant Georgia pour revenir vers Fatou. Qu’est-ce que tu réponds à ça ?
La seule personne qui peut vraiment se sentir blessée, c’est Fatou. Parce que c’est avec ses sentiments à elle que j’ai été maladroit. Et pour ça, je me suis excusé plusieurs fois… et je continuerai.
Pour Georgia, c’était différent. Il y avait un manque de clarté dans son comportement.
À retenir
Qu’est-ce que tu veux que les gens retiennent de toi ?
Je suis quelqu’un qui s’est battu. Rien ne m’a été donné. J’ai dû me relever, recommencer… et aujourd’hui encore, je continue d’avancer.
Je veux que les gens comprennent que c’est possible. Il faut y croire.
❤️Message à Fatou
Si Fatou te regarde, que veux-tu lui dire ?
Je veux lui dire qu’elle est une personne exceptionnelle.
Même si un jour les choses ne se passent pas comme prévu, elle ne sera jamais seule. Parce qu’elle a une valeur immense.
C’est une femme rare. Une personne douce, compréhensive, sincère… quelqu’un qui aime avec le cœur, sans attendre en retour.
Donc je lui dirais simplement : ne change jamais.
⚡ Questions rapides
Est-ce que tu as déjà caché une vérité à Fatou ?
Honnêtement, non. Je suis quelqu’un qui bavarde beaucoup… (rires)
Est-ce que tu as déjà utilisé ton statut d’entrepreneur pour impressionner une femme ?
Non. Je n’ai jamais cherché à impressionner avec ça.
Est-ce que tu as flirté hors caméra pendant le tournage ?
Oui… un peu (rires).
Ton plus grand défaut en amour ?
L’impatience… et un peu la jalousie.
🔥 Réponses express
La plus jalouse ? Fatou
Celle qui se méfiait le plus de toi ? Diodia
Celle qui t’a le plus résisté ? Honnêtement, aucune.
Celle qui te connaissait le mieux ? Gracia.
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Interview réalisée par Capsule News · Transcription et mise en forme éditoriale · Capsule News ©









