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Interview Exclusive : Kitary, entre musique et réalité

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Les défis d’un artiste nigérien

Comment es-tu entré dans la musique et qu’est-ce qui t’a inspiré au départ ?
Je suis né dans un monde musical. Ma maman est chanteuse, mon papa est cinéaste.
Depuis mon bas âge, j’ai grandi avec ma maman, elle m’amenait aux répétitions. Pour la petite
histoire, quand elle était enceinte de moi, elle a même fait un clip ; je l’ai su bien plus tard ! Depuis
que je ne savais pas parler, je la voyais écrire, chanter, jouer de la flûte. La musique, c’est un
monde avec lequel j’ai toujours été en contact. Et ce n’est pas que la musique ; j’aime la danse, le
théâtre, les chants. Je suis passionné de culture.

Quel défi as-tu rencontré en tant qu’artiste nigérien ?
Le premier défi, c’est d’être Nigérien. Le Niger est malheureusement un pays qui ne met pas réellement sa culture en avant, donc on n’a pas réellement d’opportunité ou d’ouverture. Aucun artiste des générations précédentes ne s’en est vraiment en sorti financièrement ou n’est devenu mondial.
Deuxièmement, c’est la religion qui bloque quelque part. On est à 99% musulmans au pays, et comme la religion dit que la musique est interdite, beaucoup utilisent cela comme prétexte pour ne pas soutenir la culture.
Troisièmement, le « mindset » : le manque d’ouverture d’esprit de beaucoup de personnes de nos jours et l’avènement des réseaux sociaux qui est à la fois une ouverture et une fermeture pour nous, car cela permet à des gens sans esprit averti de se prononcer et d’influencer les autres dans le mauvais sens.

Comment décris-tu ton style musical aujourd’hui ?
Je dirais que je fais une mixité de styles, je n’ai pas pu mettre un nom précis dessus. C’est un style « tradi-moderne ». J’essaie de mettre en valeur nos instruments d’ici que les gens ne connaissent pas beaucoup à l’extérieur : le Douma et le Kalangoo, qui sont typiquement nigériens. Je prends ce côté traditionnel et je le mixe à la modernité avec des techniques de chant et un mastering moderne.
Je me définis comme faisant de la « World Music » (musique du monde). Je suis très branché R&B et Afro, donc je fais souvent un mélange des deux, sans oublier l’Amapiano.

D’où tires-tu ton inspiration ?
De mon vécu, de mes émotions. Il faut savoir que je suis un hypersensible, ce qui fait que je peux ressentir les choses plus fort que les autres et c’est avec tout ça que je carbure et qui m’inspire pour mes musiques.

Avec quel artiste aimerais-tu être en featuring ?
« Josey ! Je l’aime trop (rires).

Quels sont tes futurs projets artistiques ?
J’aimerais faire une tournée nationale pour commencer. Mais mon grand projet est de réaliser un long-métrage, un biopic sur ma vie qui racontera tout de ma naissance à aujourd’hui. J’ai vraiment envie de raconter mon histoire à travers un film.

L’aventure Secret Story

Comment t’es-tu retrouvé à participer à Secret Story ?
Secret Story, en réalité, je ne connaissais pas. Je sais que c’est bizarre, mais honnêtement, je ne connaissais vraiment pas l’émission, je n’en ai jamais entendu parler en vrai, je ne suis pas trop télé. Et j’ai été contacté sur Instagram par la chargée du casting. Elle m’a dit que mon profil était intéressant… Au début, je ne voulais pas y croire, je me suis dit que c’est des arnaqueurs. Après elle m’a réécrit, elle m’a envoyé des liens d’un épisode de Secret Story France pour que je voie un peu comment ça se passe. J’ai dit : « Ok, pourquoi pas », et c’est parti comme ça.

Comment as-tu vécu l’expérience de l’enfermement et des caméras 24h/24 dans la
Maison des Secrets ?

C’était euphorique au début, mais la suite a été vraiment dégueulasse. En soi, ce ne sont pas tant les caméras qui me dérangeaient, même s’il y en a jusque dans les WC, c’était surtout les tensions dans la maison que je ne supportais pas. S’il y avait eu de la bonne humeur, de l’amour et de la bienveillance, j’aurais pu passer un an là-bas sans téléphone.
Mais être enfermé avec des gens que tu ne connais pas, ayant chacun son éducation et ses valeurs, ça devient très dur au bout d’un moment. Surtout quand les disputes éclatent. Comme je suis quelqu’un qui n’aime pas les tensions permanentes, ça m’a épuisé et j’avais juste envie de partir.


Tu es à l’origine de l’hymne de ta saison ; que penses-tu de l’hymne de cette année (Saison 2) ? Ont-ils relevé le défi ?
On n’a pas forcément à nous comparer en vrai. Je pense que chacun est original à sa manière. Ils ont fait un effort colossal et c’est pas mal comme résultat. Cela dit, je pense qu’ils pouvaient faire mieux. Je ne considère pas non plus l’hymne que moi j’ai composé comme étant le meilleur, chacun a composé en fonction de son feeling.

Quel a été le moment le plus difficile pour toi dans l’aventure ?
Je pense que c’était ma dernière semaine parce que je me sentais dégueulasse… je me sentais comme un guichet [ndlr : quelqu’un pointé du doigt] aux yeux du monde entier. J’étais un traître, et moi, c’est vraiment une position que je ne supporte pas du tout. Mais on est dans une téléréalité et forcément, il faut que la maison soit chaude, qu’il y ait des disputes… c’est tombé sur moi. C’était très dur parce qu’après le départ de Marlène, j’ai culpabilisé à mort parce que je n’ai pas eu le temps de lui parler.

Avec du recul, assumes-tu ces choix ?
En vrai, ce n’était pas un choix. Je les assume dans le sens où, sur le coup, je pensais bien faire. Je ne l’ai pas fait pour nuire, mais par naïveté. Pour Marlène, selon mes analyses dans la villa, je pensais que personne n’allait la nominer à part Cathy et Beriche. Je me suis dit : « Personne ne va la nominer, donc si moi je la nomine, c’est comme si je tirais en l’air, ce serait un vote blanc ». Mais après l’avoir nominée, elle s’est rapprochée de moi, elle m’a raconté son histoire (la perte de ses parents, le fait qu’elle ait quitté son job pour l’émission). Plus on se rapprochait, plus je m’en voulais. Quand j’ai vu que c’était elle qui partait, je me suis effondré parce que pour moi, je venais de briser un rêve.

« Si je devais résumer mon parcours en un mot… l’authenticité. »


Es-tu resté en contact avec certains candidats ? Lesquels ?
J’ai écrit à absolument tout le monde, sans exception. Certains répondent, d’autres non.
Aujourd’hui je suis en contact avec Tracy, Awa, Ange, Yann amir, Tobias, Marlène, les
jumelles de Dakar et les jumeaux du Bénin. Les seules personnes avec qui je n’ai pas de contact,
c’est katy et Beriche. Avec Akram et Nika, on s’est même revus en Côte d’Ivoire ; on a passé une
belle soirée ensemble.

Quel a été ton plus beau souvenir dans la maison ?

Les soirées où on se retrouvait tous ensemble à se raconter des histoires, des faits de nos
pays, nos vécus. Ça m’a rappelé la tradition de chez nous ; le soir après le repas, assis autour de
maman ou de mamie qui vous raconte des histoires. Dans ces moments-là, je me suis vraiment
senti en famille.

Serais-tu prêt à participer à une autre téléréalité ? Si oui, laquelle ?

Une autre, oui ; mais pas Secret Story. Non merci.(Rire)

Si tu était contacté pour jouer un rôle similaire à celui d’AWA lors de cette dernière saison?
Par contre, si la prod me contactait pour revenir dans une saison pour unifier des gens ou apporter de la bienveillance, ce serait avec plaisir. Je sais que les moments de réconciliation, c’est ce qui émeut le plus le public.
D’ailleurs, j’essaie actuellement de rapprocher deux candidats de cette deuxième saison qui ne s’entendent pas, alors que je les apprécie beaucoup tous les deux. Je pense que nous sommes sur la bonne voie (rires).


Le revers de la médaille

Est-ce que cette aventure t’a apporté quelque chose de positif, que ce soit sur le
plan personnel ou professionnel ?

Oui, énormément. Mon image a explosé au-delà de mes espérances. Après seulement trois
semaines dans la maison, les hôtesses de l’air m’ont reconnu dans l’avion du retour. À Abidjan en
transit, des gens ont couru vers moi alors que j’essayais d’aller saluer Alain Foka. Au Burkina, au
Mali, au Congo, partout où je voyage les gens me reconnaissent. Ça, Secret Story me l’a donné.

Est-ce qu’il y a eu du négatif ?
Tout est parti de mon imitation de Katy, dans laquelle je portais sa robe. Des pages ont
découpé ma photo en faisant croire que je m’étais travesti et que je faisais la promotion des
LGBT. Mes proches en ont énormément souffert. Certains demandaient que l’État
m’emprisonne, d’autres que je quitte le pays.
Des commerçants m’ont refusé l’entrée de leurs boutiques. Pas de contrats, pas de plateau télé. Les plus grosses pages nigériennes avaient même organisé une campagne pour que les gens votent contre moi. Le soir de ma sortie, j’ai passé la nuit à pleurer. Financièrement, je survivais avec des cours de chant, des voix off, des harmonies en studio pour d’autres artistes. Je me suis senti abandonné par mon peuple.

Comment as-tu vécu le retour à la réalité après l’exposition médiatique ?
C’était dur. C’était une délivrance de quitter la maison à cause de la toxicité, pourtant dehors, j’ai vécu beaucoup d’injustice venant de mon peuple.

Si tu devais résumer ton parcours en un mot, lequel serait-il et pourquoi ?
« Résilience, combativité et persévérance. »


Son soutien à Moctar

@kitary_officiel

Hello La famille rdv sur le camps de vote à partir de 18 h à dar salam nouveau pavé non loin de la pharmacie sayé .

♬ son original – Kitary


Pourquoi as-tu décidé de soutenir Moctar publiquement ? Vous connaissiez-vous
avant l’émission ?

Je ne le connaissais ni d’Adam ni d’Ève. Mais je ne pouvais pas le laisser vivre ce que
j’avais vécu. Il était combattu pour ses tatouages, ses piercings. Je savais que mon poids à
l’extérieur pouvait aider à changer les mentalités. Au début de ma campagne, il n’y avait que ma
voiture et une amie qui marchait avec des béquilles. Après, les gens ont suivi ; et c’est devenu un
boom. Et lui, il m’a facilité la tâche en jouant bien ; il rendait les gens fiers.

Qu’as-tu pensé de son parcours et de sa stratégie ?
Honnêtement, le jeu de manière générale ne m’intéressait pas parce que je n’aime pas les tensions que ça crée. Il a fait ce qu’il avait à faire et, machallah, ça a marché.

Où en est votre relation aujourd’hui ?
C’est toujours mon frangin, on se prend des nouvelles


À coeur ouvert

Quel est le moment le plus difficile que tu as traversé dans ta vie, loin des
caméras ?

Je prends tellement la vie du bon côté que j’ai presque l’impression de n’avoir pas vécu de
difficile. Mais loin des caméras, je crois que j’ai beaucoup souffert lors de ma rupture avec mon ex
; c’était l’année passée. C’est l’un des moments les plus durs que j’ai vécus.

Kitary, est-il un coeur à prendre aujourd’hui ?
Non. Ça va faire bientôt un an que je suis célibataire. J’ai fermé mon coeur, j’ai cadenassé.
J’ai vraiment beaucoup souffert de ma dernière relation. Honnêtement, ça me fait moins de tracas
de rester seul pour le moment.


As-tu déjà douté de toi au point de vouloir tout arrêter ?
Ouais, et c’est actuel. Les derniers mois sont vraiment compliqués pour ma carrière. Je vous
parle à cœur ouvert ; je ne suis pas de ceux qui viennent dire « je suis une star, tout va bien.
Non. Côté financier, c’est catastrophique. Mon image avance, mais les contrats ne viennent pas. À
un moment, je me suis demandé : à quoi bon ? J’ai des diplômes, peut-être que c’est le moment de
revenir à ça et de laisser la culture.


Quelle est ta plus grande peur aujourd’hui ?
Perdre ma maman. Je viens de perdre mon papa il y a un mois et demi. Ma maman, c’est
mon pilier. Si je me bats autant, c’est pour elle — je veux qu’elle soit comme une reine. Si je venais
à la perdre, je pense que je perdrais tout : ma motivation, ma passion, mes envies. Tout.


Qu’aimerais-tu que le public retienne de toi ?
D’aimer le travail des gens, pas forcément les gens. Ce que le public voit, surtout pour les
plus connus, c’est souvent une image créée de toute pièce par une équipe marketing. Quand vous
vous mettez à détester quelqu’un, concentrez-vous sur ce qu’il vous apporte de positif. Si vous
pouvez aimer les gens et leur travail, tant mieux. Sinon, aimez au moins leur travail et soutenez-le.

Red Flag / Green Flag

Le 50/50 — on divise toutes les factures par deux, même si l’un gagne trois
fois plus.

Red Flag. En couple, c’est toujours l’homme qui doit gérer, pour moi.


La jalousie, preuve d’amour.

Red Flag. Dans une relation, le bénéfice du doute est nécessaire tant qu’il n’y a pas de preuve.
Devenir jaloux au point de rendre la vie impossible à l’autre ; non. Je suis jaloux quand j’ai des raisons de l’être. Et généralement, les gens comme moi ne cherchent pas les preuves ; elles viennent toutes seules.


On s’échange nos codes de téléphone dès le deuxième mois pour prouver
qu’on n’a rien à cacher.

Red Flag. Si je t’aime et que tu m’aimes, je n’ai pas besoin de te contrôler.


Elle continue de liker toutes les photos de son ex sur les réseaux.
Yellow Flag
(rire). Je ne chercherai même pas à savoir honnêtement. Mais liker à chaque
sortie, tout le temps — non, c’est trop. Tout est une question de dosage.


Le veto vestimentaire : elle te fait une remarque sur ta tenue parce qu’elle
est trop voyante.

Red Flag. Je m’habille comme je veux. Je ne vais pas lui imposer comment s’habiller, elle
ne va pas me le faire non plus.


Le silence radio : elle refuse de te parler pendant 24h après une dispute.
Red Flag. Il faut toujours communiquer. Je déteste ça. Je préfère qu’on s’explique
directement, même énervés.


Les tâches ménagères : si l’un cuisine, l’autre fait obligatoirement la
vaisselle.
Red Flag !
Je ne sais même pas cuisiner. Mais sérieusement ; s’il y a quelque chose à
faire et que je suis là, je le fais. Les histoires de calculer qui doit faire quoi… je ne suis pas dans ça.


Le contrôle du planning : elle a besoin de savoir exactement à quelle heure tu rentres.
Red Flag.


Elle ne veut pas partager ta religion.
Green Flag.
Ça ne me dérange pas du tout. Chez moi, personne n’a ce problème-là.

Pour Capsule News,

Un immense merci à Kitary d’avoir accepté de se livrer avec une telle sincérité dans cette interview. Entre confidences sur son héritage familial, vérités sans filtre sur son aventure Secret Story et ses ambitions pour la culture nigérienne, cet échange nous a permis de découvrir un artiste entier, porté par ses convictions et ses racines. Un moment authentique qui lève le voile sur l’homme derrière la musique et les caméras.

Capsule News – Vos secrets, nos exclus.

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